La réaction de la CNFR à l’Agenda rural

La réaction de la CNFR à l’Agenda rural

Un plan d’action nécessaire qui doit être mis en œuvre avec la participation des habitants et des moyens financiers

Le premier ministre Edouard Philippe a annoncé le 20 septembre les grandes orientations retenues dans le cadre de l’Agenda rural. Les foyers ruraux accueillent positivement ces intentions qui tiennent davantage compte des spécificités et de la place des territoires ruraux dans notre société, tout en restant vigilants sur les moyens mis en œuvre et l’implication des habitants.

Une planification attendue … 

Le mouvement des gilets jaunes et les échanges à l’occasion du grand débat national ont témoigné de l’urgence d’une politique publique ambitieuse pour les territoires périurbains et ruraux. Dès 2017, la Confédération nationale des foyers ruraux (CNFR) et d’autres acteurs du monde rural, regroupés dans le collectif des Voix de la ruralité, affirmaient que, seule une politique durable et transversale pourrait effectivement permettre de lutter contre le sentiment de relégation et de déconsidération que ressentent les acteurs et habitants des territoires ruraux. Les travaux de la mission agenda rural et les orientations annoncées sont une première étape dans ce processus. 

…qui nécessite de préciser les moyens et de renforcer l’implication des habitants 

Tout en saluant l’annonce de cet agenda rural, la Confédération nationale des foyers ruraux souhaite attirer l’attention sur différents points : 

– Tout d’abord sur la nécessité de rendre plus lisibles et partagées les ambitions de l’agenda rural : nous considérons en effet que le sentiment d’appartenance des territoires ne saurait se faire sans une mise en cohérence et une intégration des dispositifs annoncés dans les cadres plus globaux des politiques publiques locales et nationales.

– Il nous semble également important de remettre la participation des habitants au cœur des ambitions de cet agenda rural en envisageant l’ouverture effective d’espaces de co-constructi

on des politiques publiques. Un soutien affirmé aux associations d’éducation populaire permettra à cet effet de former les citoyens de demain qui garantiront la vitalité de ces espaces. Le rapport du Conseil économique, social et environnement (Cese) du 28 mai 2019 confirmait à cet effet que les réseaux associatifs « jouent un rôle essentiel en milieu rural (…) Ils créent du lien social sur des territoires souvent délaissés par les services publics.” Leur expertise s’avèrera donc précieuse pour la réussite des ambitions affichées.

– Enfin, peu de ces 173 mesures sont chiffrées et détaillées ; nous sommes donc inquiets de voir, d’une part, certaines propositions se mettre en œuvre, à moyens constants, au détriment d’autres politiques tout aussi utiles. Par exemple, le soutien au monde associatif et à l’éducation populaire, via les postes FONJEP et du FDVA notamment, doit être renforcé à la campagne comme en ville. D’autre part, cela pose la question du suivi et de l’évaluation de la plupart des propositions résumées à une simple intention (encourager, développer, engager, expertiser, soutenir…) dans le communiqué de presse.

Nous Foyers ruraux, aurons à cœur de veiller à ce que la dynamique de l’Agenda rural se précise et n’oublient pas les acteurs locaux qui font vivre nos villages et nos bourgs. Persuadés que la démarche de co-construction permettra à cette initiative de prendre davantage la mesure des enjeux sociaux et écologiques de notre pays.

Foyers Ruraux, tisseurs de lien social, tisseurs de lien rural.

 

Campagnes en Campagne

Campagnes en Campagne

Candidates, candidats aux élections municipales : avec nous réinventez ! Notre territoire de proximité, c’est la commune

Les élections municipales sont l’occasion de rappeler l’utilité des Foyers Ruraux, pour l’intérêt général : 

  • L’éducation populaire, dont nous, Foyers Ruraux, nous revendiquons, est un terreau qui fertilise les initiatives pour réinventer la ruralité des années 2020.
  • Avec nos actions, nous animons la vie des territoires. Il est nécessaire d’échanger, travailler et être appuyé par les élus locaux.
  • Nous, Foyers Ruraux, constatons que la gestion des services au public est de plus en plus confiée aux EPCI – au titre de la mutualisation. Mais l’animation de nos villages reste une affaire de proximité. L’animation, au sein de nos Foyers Ruraux, contribue à dynamiser le territoire, participe à la cohésion sociale et crée des espaces de solidarité pour un “mieux vivre ensemble”.

Redonner aux habitants la possibilité de participer à la construction des projets permet de renforcer cette cohésion. Il est nécessaire de les associer en tant que citoyens.

Nous, Foyers Ruraux, pouvons contribuer à cela. Nous sommes parmi les derniers lieux de rencontre dans les villages, grâce aux actions qui viennent au-devant de la population et ses attentes.

Faire entendre les voix de la ruralité !

 

La CNFR et les “voix de la ruralité”

En mars 2017, la CNFR compose le collectif des “voix de la ruralité” avec 31 associations. Ensemble, elles signent le manifeste d’interpellation à l’attention de tous les candidats aux élections présidentielles pour porter les questions de ruralité au coeur du débat public !

Extrait ” Les associations et organisations signataires du présent manifeste agissent au coeur de la ruralité ou oeuvrent pour tous les territoires en accordant une attention particulière aux territoires ruraux. Parce qu’elles contribuent à la richesse et à la diversité de ces territoires, elles interpellent les futurs dirigeants de ce pays. Ils doivent affirmer une réelle volonté politique confirmant la place et le rôle des territoires ruraux dans le développement du pays au même titre que les métropoles, les uns et les autres étant interdépendants.”

Lire l’intégralité du manifeste des voix de la ruralité ici !

Les territoires ruraux sont une chance pour la France !

En mars 2018, la CNFR signe avec le collectif des voix de la ruralité  une tribune ayant pour titre “les territoires ruraux sont une chance pour la France” pour continuer de porter les questions de ruralité dans le débat public. 

Avant propos : ” Ici aussi, nous communiquons, nos esprits fonctionnent et les idées fusent ! Nous circulons, nous écoutons, nous lisons, nous réfléchissons, nous plaisantons, nous observons et critiquons, nous apprécions, nous créons, nous inventons et nous nous éduquons ! Ici aussi nous développons nos savoirs-faire et imaginons les techniques qui permettent de croiser les compétences, de progresser et de s’adapter au monde à venir. Parce que les ruraux prennent plaisir à tout, nous sommes heureux de partager ici aussi notre vision du développement. Nous avons fait, nous les Ruraux, d’autres choix, celui de la campagne ou de la petite localité. C’est ce qui nous amène à voir, les choses différemment.

Nous ne sommes pas des Ruraux par fatalité !
Nous ne considérons pas qu’Elles (les villes) ont tout et que nous n’avons rien !
Nous avons arrêté de nous sous-estimer !
Nous considérons que, pour le pays qui compte le plus vaste espace rural d’Europe, nos campagnes
sont autant de leviers de développements que nous devons actionner pour répondre aux défis de la
nécessaire transition écologique, économique et sociale mais aussi culturelle.
Plus que jamais, il faut considérer la ruralité comme un atout pour la France !”

La tribune complète ici !